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Une enquête exhorte à la revitalisation des traditions du volontariat dans la lutte contre la violence sexiste en Indonésie

Des manifestants se rassemblent autour d’une pancarte qui dit, « Eradiquons la violence sous toutes ses formes » lors d’un défilé contre la violence sexiste organisé dans le quartier Simpang IV de Banda Aceh en Indonésie. (Photo : Basri, Fondation Pulih à Aceh, septembre 2011)Des manifestants se rassemblent autour d’une pancarte qui dit, « Eradiquons la violence sous toutes ses formes » lors d’un défilé contre la violence sexiste organisé dans le quartier Simpang IV de Banda Aceh en Indonésie. (Photo : Basri, Fondation Pulih à Aceh, septembre 2011)« Fin à toute forme de violence » : une pancarte brandie par un manifestant lors d’un défilé contre la violence sexiste organisé dans le quartier Simpang IV de Banda Aceh en Indonésie. (Photo : Basri, Fondation Pulih à Aceh, septembre 2011)« Fin à toute forme de violence » : une pancarte brandie par un manifestant lors d’un défilé contre la violence sexiste organisé dans le quartier Simpang IV de Banda Aceh en Indonésie. (Photo : Basri, Fondation Pulih à Aceh, septembre 2011)
30 novembre 2012

Aceh, Indonésie: Il existe dans la province d’Aceh une longue tradition de coutumes socio-culturelles qui encouragent le volontariat et qui se manifestent à travers les traditions du meuseuraya (coopération mutuelle entre quelques personnes) et du gotong royong (aide réciproque qui se reconnaît généralement par la plantation et la récolte de riz).

Une nouvelle enquête vient d’être publiée – « Les Contributions du volontariat à la prévention de la Violence sexiste dans la province d’Aceh » (Partners for Prevention, 2011) – qui retrace l’histoire du volontariat  à Aceh, de ses coutumes culturelles et religieuses, par-delà les périodes post-conflictuelles et post-tsunami, aux nouveaux comportements et styles de vie actuels d’une génération plus jeune qui résultent d’une plus grande mobilité ainsi que d’une familiarité et d’un accès accrus aux technologies de l’information et des communications.

Cette enquête fut menée par Partners for Prevention (P4P), un programme régional mixte pour la prévention de la violence sexiste en Asie-Pacifique mis en œuvre par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), l’Entité des Nations Unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes (ONU- Femmes) et les Volontaires des Nations Unies (VNU).

L’étude s’appuie sur les observations et les interviews faits sur le terrain par Marwan Idris, un volontaire national des Nations Unies déployé par P4P auprès de l’ONU-Femmes et de la Fondation Pulih à Aceh, et examine le rôle du volontariat dans les organisations qui s’efforcent d’éradiquer la violence sexiste. 

« L’étude est tout particulièrement destinée aux organisations qui emploient des volontaires dans leur lutte contre la violence sexiste à Aceh », déclare Raymond Brandes (Pays-Bas), un Spécialiste de programme VNU pour P4P, qui a rédigé l’étude en collaboration avec Marwan. « Mais c’est toute l’Indonésie, et notamment le réseau d’organisations Laki-Laki Baru (New Men Alliance) par exemple, qui pourront la partager et en bénéficier.

L’étude tire un certain nombre de conclusions sur le volontariat et sur la participation à la lutte pour l’équité des sexes et les droits des femmes à Aceh.

« Les activistes qui cherchent à obtenir l’équité des sexes ont montré qu’ils étaient prêts à travailler de façon bénévole », déclare Marwan. « Ils acceptent des réductions de salaire pour maintenir le fonctionnement et les activités de leur organisation. Ils acceptent des indemnités journalières réduites et remboursent à leur organisation les rétributions reçues par les membres du personnel employés comme experts ailleurs. »

Le départ des agences de développement après la période de reconstruction post-tsunami a posé des problèmes financiers aux organisations de défense des droits de la femme. Elles ont néanmoins réagi stratégiquement en se livrant à des collectes de fonds, en renforçant leurs réseaux et coopération, en améliorant l’efficacité de leurs programmes, en préconisant une plus grande aide gouvernementale, et en encourageant le volontariat pour assurer la survie des organisations.

Mais il existe des contraintes qui entravent la prise de conscience de la violence sexiste et limitent la capacité des gens à se porter volontaires pour des causes qui défendent l’équité des sexes. Vu le manque de participation du gouvernement en matière de problématique hommes-femmes, il est difficile de sensibiliser le public ou d’encourager les membres de la communauté à participer à ces efforts.

« L’absence d’engagement du gouvernement entraîne les gens à considérer les questions d’inégalité des sexes et de la violence à l’égard des femmes comme triviales et ne méritant pas l’attention du public », ajoute Marwan.

Comme c’est le cas ailleurs, le caractère patriarcal des valeurs présentes dans la société est cité comme source première de l’inégalité des sexes et de la violence à l’égard des femmes. Ces préjugés patriarcaux limitent aussi l’étendue de la participation bénévole de la population à la lutte pour l’équité des sexes et l’éradication de la violence sexiste à Aceh.

L’étude a conclu que, pour surmonter ce problème, les activistes devaient être conscients des ramifications socio-culturelles du patriarcat et encourager le volontariat comme moyen viable à long terme de lutter pour l’équité des sexes. Il est essentiel que les hommes participent aux programmes de promotion de l’égalité des sexes et soutiennent l’effort de transformation en faveur de l’équité des sexes.

L’étude a également révélé qu’un professionnel n’est pas moins susceptible de se porter volontaire ou de soutenir les principes du volontariat. Pour les travailleurs rémunérés responsables de la mise en œuvre des programmes, il est important de se sentir investis du but à atteindre. Inversement, les volontaires se doivent eux aussi de faire preuve d’un grand professionnalisme bien qu’ils ne soient pas rémunérés.

Sur la base de ces conclusions, l’étude conseille aux activistes de la région de poursuivre l’amélioration des réseaux et de la coordination organisationnels dans le but de surmonter les contraintes financières et d’augmenter leur efficacité grâce à la mise en place d’efforts collectifs.

Elle préconise également que les groupes locaux développent la capacité de travailler avec le gouvernement pour le sensibiliser davantage aux questions liées à la problématique hommes-femmes, pour revitaliser la culture du volontariat et du gotong royong (aide réciproque), et pour continuer à encourager la participation des hommes à la prévention de la violence sexiste et à la concrétisation de l’égalité des sexes.

« Les Contributions du Volontariat à la Prévention de la Violence Sexiste dans la Province d’Aceh » est maintenant disponible en anglais et en indonésien auprès de Partners for Prevention.
Le programme VNU est administré par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD)